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Le Dieu de Tobie | L'hypothèse Dieu

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Le Dieu de Tobie

 

Raphaël Thomas
Le Dieu de Tobie (Montréal : Fides, 2018)

« Raphaël Thomas est un pseudonyme. L’auteur est diplômé en sciences humaines. Il a enseigné dans les universités québécoises et compte quelques publications à son actif. Retraité depuis plusieurs années, il s’intéresse au dialogue entre croyants et non-croyants. Le personnage Raphaël, le narrateur du récit, à quelques détails près,  ressemble beaucoup à l’auteur. »

« Un vieil homme athée rencontre un jeune homme sur les dunes de Cape Cod. Une étrange relation se tisse entre le non-croyant, Raphaël, et Tobie, un croyant nouveau genre dont les paroles, puis les gestes, deviennent de plus en plus mystérieux. Qui est Tobie? se demande Raphaël.  Un illuminé? Un jeune en mal de sensations? Et qui est Raphaël? Un grand-père sceptique, comme le décrit Tobie? Un mécréant? Un chrétien qui s’ignore?» (Quatrième de couverture)

Le texte qui suit résume le cheminement des deux protagonistes de ce récit, Tobie et Raphaël. Il réunit les éléments qui soulèvent dix questions que l’on trouvera dans l’« Amorce de dialogue », en marge de cette introduction. Sur les pages Q1 à Q10, des croyants, spécialistes de la chrétienté, apportent des éléments de réponses à ces questions.
Le résumé servira d’aide mémoire à ceux qui auront lu 
Le Dieu de Tobie. Les visiteurs de ce site qui ne voudront pas se priver de l’effet de surprise que leur réserve le récit original pourront s’abstenir de lire ce résumé qui n’est pas nécessaire pour comprendre les questions abordées ici et les réponses des spécialistes.
Si ces discussions éveillent un désir de dialoguer, l’onglet «
 Participation » indique comment procéder.

 

Résumé et passages qui interpellent la chrétienté 

L’histoire débute par une rencontre impromptue en juillet 2014 sur les dunes de Cape Cod, dans l’état du Massachusetts aux États-Unis. Dès la première page, les deux protagonistes affichent leurs couleurs.

Tobie se pose trois questions existentielles : «  Quelle est la source de tout ? Pourquoi les humains s’entretuent ? Pourquoi craint-on la mort ? » (p. 9). Lorsque Raphaël lui dit qu’il n’y a peut-être pas de réponses, il répond : « Il y en a. J’en trouve lorsque je remonte à la source […] Dieu est la source » (p. 9-10).

Raphaël, sceptique, lui répond que tout cela pourrait très bien n’être que le fruit de son imagination.

Après ce prologue, le récit se déroule en trois actes.  

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La première partie s’intitule « Le sable ». L’action a lieu sur la plage et sur les dunes de Cape Cod. En juillet 2015, une année après leur rencontre initiale, Raphaël retrouve Tobie. Ils abordent plusieurs questions reliées à la religion. Au grand étonnement de Raphaël, qui a déjà été croyant et agit maintenant comme modérateur de rencontres entre croyants et non-croyants, les positions de Tobie divergent totalement des positions traditionnelles de la chrétienté.

Sur le plan personnel d’abord. En se promenant sur la plage déserte, Raphaël retrouve Tobie qui se déclare homosexuel et vit en couple avec un pasteur protestant. Il lui fait part de son étonnement de voir un croyant chrétien aussi détendu devant son orientation sexuelle et lui demande comment son « Dieu » voit cela. Tobie l’invite à le retrouver pour en discuter sur la dune où il médite, là où ils se sont rencontrés l’année précédente.

Le lendemain matin, lorsqu’ils se retrouvent, Tobie est en train de dessiner pour dissiper un malaise qu’il a vécu la veille lorsque Raphaël s’est dit athée. Il lui montre l’esquisse d’un dessin représentant plusieurs petits bateaux qui dérivent dans toutes les directions sur une mer agitée. On apprendra plus tard que ces bateaux représentent les compagnons avec lesquels Tobie prépare une intervention au Parlement des religions du monde. Après sa rencontre avec Raphaël, il se demande comment les membres de son groupe réagiraient face à l’athéisme. 

Lorsqu’ils reparlent de l’orientation sexuelle de Tobie, celui-ci affirme que « Dieu ne demande rien, il n’est que la source de l’amour. Le "dieu" des prêtres qui me condamnent a été enseveli au cimetière des vieilles croyances. Mon compagnon de vie est d’ailleurs un théologien anglican. Un évêque de son Église est ouvertement homosexuel » (p. 28).

Dans la conversation qui suit, on revient sur la notion de « péché » dont il a été question la veille. Tobie surprend son compagnon en affirmant que le « péché », pour lui, c’est de l’histoire ancienne. Il affirmera plus tard sa conviction que Dieu n’intervient pas pour dire aux hommes comment se comporter. « Je suis convaincu qu’il n’y a pas de loi divine. C’est à nous de nous débrouiller avec les lois et les interdits » (p. 28). (Voir Q3.)

La première partie se termine sur l’évocation d’une mission que se donne Tobie, sans que l’on sache de quoi il s’agit, mais qui semble comporter des dangers. On apprendra dans la deuxième partie que son objectif est de mobiliser le Parlement des religions du monde pour une mise à jour continuelle des discours religieux. Tobie affirmera que, pour lui, il n’y a pas de révélation divine : « Les textes sacrés ne font que raconter l’expérience des hommes qui tentent de remonter à la source. Nos textes sacrés nous appartiennent. Il nous incombe de les mettre à jour pour suivre l’évolution de l’humanité » (p. 66). (Voir Q1.)

Avant qu’ils ne se quittent, en réponse à une demande de Tobie, Raphaël résume ses positions personnelles, précisant comment il a cessé de croire en Dieu, sans aucune amertume, ayant même de bons souvenirs de la période de sa vie où il était croyant.  

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La deuxième partie s’intitule : « Le sable et l’eau. » Elle se déroule dans un hôtel particulier qu’une fondation a mis à la disposition de Tobie et d’une équipe de spécialistes qu’il a recrutés pour son projet de mise à jour des discours religieux. Raphaël a été invité par Tobie pour témoigner de ses positions auprès de cette équipe. On prend connaissance d’une opération qui vise à rallier des millions de croyants de toutes allégeances à un manifeste (document en apploint). Celui-ci tient dans une page, mais il est appuyé par un traité de plus de mille pages, rédigé par une équipe de spécialistes des textes fondateurs de différentes religions.

Le titre de cette deuxième partie — « Le sable et l’eau » — fait allusion à la mer qui détruit, à la marée montante, les châteaux de sable que l’on construit sur la plage à marée basse, une image utilisée par Tobie pour illustrer la nécessité de mettre à jour les discours religieux. Cette partie permet de reconstituer le cheminement de Tobie en quatre étapes. Elles ont coïncidé avec sa participation aux réunions du Parlement des religions du monde, de 1993 à 2009. [Cette institution existe réellement. La sixième rencontre aura lieu à Toronto (Canada) en novembre 2018].

À l’âge de 10 ans, alors qu’il accompagne son père à ce Parlement, réuni à Chicago en 1993, Tobie découvre dans l’Évangile de saint Jean un message d’amour. Il mémorise ce texte sacré qui devient son guide personnel dans la vie. Il commence à se demander pourquoi les hommes s’entretuent, une des questions qu’il se posera encore sur les dunes de Cape Cod. Il semble convaincu que si les hommes se mettent en harmonie avec « la source », Dieu, l’humanité se construira sur la base d’une solidarité universelle.

À 17 ans, participant à la deuxième réunion du Parlement des religions du monde (Cape Town, Afrique du Sud, 1999), Tobie découvre la réforme protestante. Une idée prend forme : on doit sans cesse mettre à jour les discours religieux. 

L’étape suivante correspond à ce projet grandiose qui doit aboutir dans quelques mois. D’une expérience mystique vécue après une troisième réunion du Parlement des religions du monde (Barcelone, 2004) naît cette conviction : « Dieu n’est pas ce qu’on dit de lui, mais il est la source de tout ce qu’on dit de lui ».  Elle est répétée cinq fois dans le récit : p. 31, 61, 66, 77, 146. Au cours des dix années qui ont suivi cette expérience, Tobie a mis sur pied une vaste opération avec son ami, ce théologien de l’Église anglicane devenu son compagnon de vie. C’est à ce moment que les spécialistes ont eu pour mandat de rédiger et de diffuser leur manifeste. Ensemble, ils ont décidé d’agir en marge des Églises institutionnelles qui, selon eux, ne favorisent pas une mise à jour des discours religieux. C’est ce qu’ils appellent l’opération Catacombes. (Voir Q7.)

Enfin, l’étape finale est amorcée par la rencontre à Cape Cod de Raphaël et de Tobie. Celui-ci à l’intuition que les athées doivent contribuer au renouveau des discours sur Dieu. Le manifeste est amendé en conséquence. L’expression « discours religieux » dont il était question dans la version originale est remplacée par « discours sacrés ou profanes sur Dieu » (p. 86). Dans un retour sur cette expérience, Jean, l’ami et l’allié de Tobie, dira plus tard : « Cela peut te sembler mystérieux, Raphaël, mais au retour de Cape Cod, Tobie était profondément bouleversé. Il m’a raconté en détail vos rencontres, comme s’il voulait être certain d’en mesurer tous les enjeux. Il me disait par exemple : "Se pourrait-il, Jean, que la religion — non seulement la religion institutionnelle, mais aussi la religion personnelle — empêche la source de s’épanouir dans un amour inconditionnel entre les hommes ?" Nous avons rapidement conclu qu’il fallait procéder à l’amendement de notre manifeste pour tenir compte de cette possibilité » (p. 131). (Voir Q8.)

Ce projet se précise à mesure que le récit se poursuit. Il est né des suites d’une conférence de Jean, l’ami de Tobie, théologien spécialiste de la réforme protestante (Barcelone, 2004). Tobie a d’abord été bouleversé lorsque Jean, qu’il ne connaissait pas à cette époque, remettait en question la fiabilité des textes sacrés qui étaient au centre de sa spiritualité. Ils se sont affrontés, mais Tobie s’est progressivement rallié à la position de Jean.

Dans un échange entre Raphaël et Jean, on apprend qu’un autre dogme traditionnel est mis de côté : « Le diable, c’est de l’histoire ancienne » (p. 63), affirme Jean. Et Raphaël aura le commentaire suivant : « Je m’éloigne avec encore plus de questions. Que veulent ces pseudo-croyants ? Car j’ai l’impression qu’il ne reste plus grand-chose des croyances traditionnelles dans ce groupe étrange » (p. 64).

Au début de la quatrième réunion du Parlement des religions du monde (Melboure, 2009), Tobie raconta, dans un atelier qu’il dirigeait avec son ami Jean, l’expérience mystique à l’origine de leur projet.  Il était sorti de cette expérience avec la conviction que pour renouveler les discours religieux, chaque personne doit se mettre directement en contact avec Dieu, en toute liberté par rapport aux textes sacrés. Leur manifeste en témoigne : « Aucun discours sur Dieu n’est définitif, les approximations étant continuellement sujettes à des mises à jour qui respectent l’évolution de l’humanité, tant pour les connaissances que pour la sensibilité morale » (p. 86).

Lorsque Raphaël commence à comprendre la portée de leur projet, il a cette remarque : « C’était tellement énorme. Se donner la liberté de refaire un discours que les croyants considèrent comme la parole même de Dieu. Et il me racontait tout cela comme s’il s’agissait de lancer une nouvelle marque de voiture. J’étais à nouveau pris de vertige » (p. 72-73).

Au cours de la journée passée à l’hôtel particulier, Raphaël rejoint Tobie à son bureau en après-midi. Il le trouve dans une pose de méditation, une pose souvent adoptée par Tobie au cours du récit. En blague, Raphaël lui demande s’il prie pour la conversion de son grand-père sceptique, une expression qu’utilisait Tobie pour le désigner.  Il aura une autre surprise sur les positions théologiques de son ami qui lui répond : « Non. Je n’ai personne à convertir, et la prière n’y changerait rien si c’était le cas. La source n’a pas besoin d’aide. Ce serait d’ailleurs présomptueux de ma part de tenter de l’orienter en fonction de mes besoins personnels. La seule attitude respectueuse est de laisser la source agir en moi pour affronter moi-même mes difficultés, régler mes problèmes en solidarité avec mes semblables et accepter de vivre avec ce que je ne peux pas changer » (p. 78). (Voir Q4.)

Dans la séquence où Tobie dévoile à Raphaël ce qu’il attend de lui — la réaction d’un athée à leur manifeste —, les deux font un retour sur leur rencontre à Cape Cod. Raphaël rappelle son étonnement devant une relation à Dieu qui aurait pour seul fondement une expérience personnelle : « […] tu voulais me convaincre de l’évidence de cette source. […] En descendant de la dune, je me disais : ce n’est quand même pas possible que Tobie compare l’évidence qu’il a de sa "source" à celle qu’il a de sa propre identité. Tu le crois peut-être, mais là, je m’excuse, je décroche. Je n’y vois qu’une fantaisie de plus dans le monde que tu construis » (p. 80).

Tobie demande à Raphaël de répondre à la question suivante, en présence de son groupe qui se réunira en soirée : « Pour toi qui navigues sur le bateau de Thomas, quel serait l’effet de l’amendement sur les croyants que tu rencontres et sur les non-croyants ? » (p. 85).  Après la rencontre, Tobie explique à Raphaël la signification de cet amendement : « Peut-être que tu ne le réalises pas, Raphaël, mais cette simple modification [« discours sacrés ou profanes sur Dieu » au lieu de « discours religieux »] fait une différence énorme. Nous prenons nos distances avec tout discours religieux. Nous nous centrons directement sur Dieu, sur la source, sans qu’il soit nécessaire de passer par la religion. Ce dernier pas que nous faisons est révolutionnaire » (p. 104-105). 

En fin de soirée, Tobie demande à Raphaël de relire le manifeste en remplaçant le mot «Dieu» par le mot «nature», se souvenant que Raphaël avait dit que son credo était inspiré de Spinoza : «Dieu, c’est-à-dire la nature.» La réponse est lapidaire. «C’est non seulement la mort de la religion, mais la mort de Dieu. Le reste du manifeste demeure inchangé» (p. 111).La réaction de Tobie est spontanée : «C’est ce que j’anticipais! N’est-ce pas extraordinaire, Raphaël? Que l’on écrive "Dieu" ou "Allah", que tu lises "la nature" ou que je vois "la source", le reste du manifeste demeure inchangé. Au-delà du discours, il n’y a plus d’obstacles à l’amour lorsqu’on apprend à s’abandonner à la source qui coule en chacun de nous!» (p. 111). Et il a, un peu plus loin, cette parole énigmatique : « Il faut peut-être que Dieu meure pour que la source puisse jaillir à nouveau dans toute sa pureté » (p. 112).(Voir Q 10.)

Lorsque Raphaël lui demande ce qu’il reste de sa croyance chrétienne, Tobie répond que la fidélité à Jésus n’est pas liée à un credo particulier : « Toute personne qui œuvre pour la solidarité universelle peut se dire chrétienne » (p. 111).

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La troisième partie, intitulée « Le tsunami », débute par la mort tragique de Tobie, quelques jours après avoir été poignardé par des extrémistes qui voulaient l’empêcher de répandre son manifeste. Raphaël, invité au chevet de Tobie, assiste à ses derniers moments. Une des dernières paroles de Tobie lui pose une énigme : « Raphaël, tu es entré dans mon monde et tu y resteras jusqu’à la fin. Elle ne saurait tarder. Tu seras bientôt libéré. Oublie le Dieu de Tobie. Tu m’as appris que la source peut jaillir sans passer par Dieu » (p. 122).

Après la mort de Tobie, nous assistons à une rétrospective alimentée par des rencontres entre Raphaël et des proches de Tobie. La mère de celui-ci, Marie-Ève, fait des confidences sur les positions de son fils : « Tobie, par exemple, nous disait que Jésus aurait aujourd’hui un discours complètement différent de celui qu’il a tenu à son époque. Il remettait en question la loi divine, disant que c’était à nous de gérer notre comportement.  Il pensait que la trinité n’était qu’une image, que le Père dont parlait Jésus n’était qu’une façon de traduire un message d’amour.  (Voir Q2.) Il disait que Jésus tiendrait aujourd’hui un discours qui ne serait plus lié à la culture juive dans laquelle il a vécu. Il était convaincu que Jésus ne s’est jamais pris pour Dieu » (p. 138-139). (Voir Q5.)

On apprend aussi, à travers les confidences de Marie-Ève, que Tobie, comme le théologien Hans Küng, ne croyait pas que Jésus est physiquement ressuscité : « Il [Hans Küng] affirme même que la résurrection de Jésus n’était pas réelle, qu’elle devait être considérée comme symbolique. C’est ainsi que Tobie lisait les textes sacrés » (p. 139-140). (Voir Q6.)

Dans sa rétrospective, Raphaël se situe personnellement. Il constate que le croyant et le non-croyant pourraient contresigner le manifeste en lui donnant une signification différente. 

  • « Pour le croyant, "la source, Dieua créé après plus de treize milliards d’années de préparation, une espèce originale par la capacité qu’elle a de se construire sur la base d’une solidarité universelle, en harmonie avec le reste de la nature. Sans Dieu, ce potentiel ne pourra se réaliser". 
  • Pour le non-croyant, "la source, la nature, après plus de treize milliards d’années d’innovationsse déploie dans une espèce originale par la capacité qu’elle a de se construire sur la base d’une solidarité universelle, en harmonie avec le reste de la nature. La réalisation de ce potentiel relève des lois de l’évolution"» (p. 153). 

À la toute fin, Raphaël se rappelle ce que signifiait la mort pour Tobie : « Je me souviens d’une confidence de Marie-Ève. Après m’avoir expliqué pourquoi Tobie n’avait pas voulu que son corps soit exposé et pourquoi il avait demandé que son manifeste tienne lieu de photo de lui, elle le citait : "La mort est définitive, n’attendez plus rien de moi, ce sera à vous, mes amis, de prendre la relève" » (p. 155). (Voir Q9.)

 

 

Amorce de dialogue: 

La chrétienté au XXIe siècle

Auteur(s): 

Dans son analyse de L’Âge séculier, Charles Taylor a décrit le bouleversement social qui affecte la chrétienté : « le changement que je veux définir et tracer est celui qui nous mène d’une société dans laquelle il était virtuellement impossible de ne pas croire en Dieu, à une société où la foi, y compris pour le croyant le plus inébranlable, est une possibilité parmi d’autres[i] ». Plusieurs spécialistes considèrent que ces nouvelles conditions entraînent des changements majeurs au sein de chrétienté. 

Répliques: 

Variations sur Le Dieu de Tobie

Auteur(s): 

 « Le meilleur livre est celui qui nous apprend le mieux ce que nous sommes et ce que nous devons être; car cette science vaut mieux que toutes les autres ensemble[i]. »

Quel sens donner à « croire que » ?

Auteur(s): 

Je pense qu’un chrétien (croyant et même pratiquant) pourrait, en un certain sens, répondre « oui » au moins aux neuf premières questions posées par l’expérience de Tobie. Mais, bien sûr, tout dépend de l’interprétation donnée à ces questions dont la formulation est souvent ambiguë. Il me semble que le « croire que » qui est l’élément central de chacune d’elles est interprété, en fait, comme « penser que », « estimer que » ou, à la limite, comme « prétendre savoir que ».

Critique du Roman

Auteur(s): 

Extrait d’un document disponible sur l’Encyclopédie de L’Agora reproduit à la demande de l’auteur : Désir, Dieu, religions