Q6. La Résurrection

Peut-on légitimement se dire chrétien et croire que Jésus n’est pas physiquement ressuscité?

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OUI 

Hans Küng : « D’après le Nouveau Testament, la Résurrection n’est correctement comprise que si on l’entend comme un réveil par Dieu. Il s’agit fondamentalement d’un acte opéré par Dieu pour Jésus crucifié, mort et enseveli [...] Il ne peut pas s’agir d’un événement historique au sens strict [...] Il n’y a rien eu à photographier ni à enregistrer.[i] »

Odette Mainville : « […] il aurait été impossible de photographier la résurrection ou simplement, se tenant en retrait, de l’observer. Et pour cause : il n’y a tout simplement pas eu de cadavre réanimé qui soit sorti du tombeau […] la résurrection physique, matérielle, n’a aucun sens[ii]. »

Simon C. Mimouni : « La foi chrétienne ne repose pas sur un événement historique, mais sur un événement non historique qui a eu évidemment des effets historiques.[iii] »

Joseph Moingt : « La croyance à la résurrection de Jésus n’a jamais eu d’autre source que la foi et l’espérance. Il est vain d’en chercher quelque preuve historique par-dessous les récits évangéliques ou de se demander sous quelle forme il a pu se faire voir à nouveau après sa mort.[iv] »

John Shelby Spong : « Jésus a-t-il littéralement ressuscité les morts ? Si mes lecteurs veulent une réponse qui tienne en un seul mot à la question posée par le titre de ce chapitre, ce mot est un "non" catégorique ! […] La Résurrection ne fut pas un phénomène qu’on eût pu photographier.[v] »

NON 

Hubert de Wouters : « […] dire de Jésus qu’il est ressuscité est ce qui définit un chrétien […] Aussi, nous, chrétiens nous disons […] que la résurrection de Jésus est donc […] non une preuve qu’on pourrait alléguer en faveur de la foi chrétienne, comme si le fait de cette résurrection pouvait être établi par la science historique […] mais l’élément central de la proposition chrétienne.[vi] »

Joseph Doré : « C’est donc finalement la résurrection qui a été déterminante dans la compréhension de l’identité de Jésus dans le christianisme. Arrivé à ce point, on peut mesurer, oui, combien la compréhension chrétienne de Jésus est liée à la foi en sa "résurrection" des morts.[vii] »

Denis Moreau : « Si je me réveille demain matin en apprenant qu’on a, durant la nuit, démontré de façon indiscutable que le Christ n’est pas ressuscité, ma foi catholique en sera ébranlée, voire anéantie […] C’est la résurrection qui fait la spécificité du christianisme, non seulement comme le cœur de la foi chrétienne mais aussi parce qu’elle modifie notre conception de la mort, et par là même de la vie.[viii] »

Joseph Aloisius Ratzinger (Benoît XVI) : « La foi chrétienne tient par la vérité du témoignage selon lequel le Christ est ressuscité des morts, ou bien elle s’effondre. Si on supprime cela, il est certes possible de recueillir de la tradition chrétienne un certain nombre d’idées dignes d’attention sur Dieu et sur l’homme — une sorte de conception religieuse du monde —, mais la foi chrétienne est morte […] si le sépulcre vide en tant que tel ne peut certainement pas prouver la Résurrection, il reste toutefois un présupposé nécessaire pour la foi dans la Résurrection, dans la mesure où celle-ci se réfère justement au corps et, par là, à la totalité de la personne.[ix] »




[i]Küng, H. (2014), Jésus, Paris : Éditions du Seuil, p. 229 à 231.

[ii]Mainville, O. et Myre, A. (2011), Jésus est-il ressuscité? Et nous?, Montréal : Fides, p. 17 et 59.

[iii]Mimouni, S. C. (2001), Jésus et l’Histoire. À propos des travaux de John P. Meier, Recherches de Science Religieuse, tome 99, p. 538.

[iv]Moingt, J. (2014), Croire au Dieu qui vient, Paris : Gallimard, p. 192.

[v]Spong, J. S. (2015), Jésus pour le XXIesiècle, Paris : Éditions Karthala, p. 103 et 141.

[vi]de Wouters, H. (2014), Le mystère chrétien, Paris : Cerf, p. 103 et 171.

[vii]Doré, J. (2015), Jésus expliqué à tous, Paris : Seuil, p. 98.

[viii]Moreau, D. (2018), Comment peut-on être catholique?, Paris : Seuil, p. 14 et 108.

[ix]Benoît XVI, (2012), Jésus de Nazareth, De l’entrée à Jérusalem à la Résurrection, Les Plans-sur-Bex (Suisse) : Parole et Silence. p. 285, 300.

Répliques: 

Que veut dire «physiquement ressuscité» ?

Auteur(s): 

Il y a un vide du tombeau. Qu’est-il ? Nous ne savons pas, mais le corps n’est plus là. Et tant mieux ! il n’y a pas de relique. Ouf ! Qu’il y ait une vision matérialiste de la résurrection qui ne soit pas celle de la foi, c’est évident. Nous n’avons pas idée de ce qu’elle est.