De la vie bonne

Le domaine de la spiritualité invite à réfléchir sur ce qu’on appelle l’expérience de Dieu, d’un Absolu, d’un Esprit, d’une Conscience universelle, de l’Être, de la Source, d’un monde autre, des ancêtres ou autres guides, etc. Désignons l’objet de cette expérience par la lettre X. L’expérience est incontestable, mais qu’en est-il de son objet ? X est-il réel ou virtuel ? C’est une question sans réponse évidente possible pour celui qui ne la vit pas. On peut tout au plus tenter de la formuler clairement.

Une position a priori distingue une vision naturaliste de celle qui ne l’est pas : on présume que la nature est autosuffisante, ce qui exclut l’existence d’une réalité spirituelle autonome. Le vocabulaire étant équivoque[1], utilisons une expérience de pensée pour bien caractériser cette vision : imaginons qu’à la suite d’un cataclysme semblable à celui qui a causé la disparition des dinosaures, l’humanité disparaît complètement[2]. En reste-t-il autre chose que des résidus matériels? Appelons « naturaliste » une vision qui commande la réponse : « non, il n’en reste rien d’autre » (Dieu, la conscience réflexive ou tout autre principe spirituel disparaissant avec l’humanité). Elle se distingue d’une vision qui conduit à une variante de ce qui suit : « oui, […] aura échappé à la destruction ».

Qu’est-ce qu’une vie bonne? L’homme est jusqu'à maintenant le seul être connu dans l'univers à se poser la question. Et il se la pose si on en juge par les millions de sites Internet que sélectionne le moteur de recherche Google lorsqu’on y inscrit « De la vie bonne ».