De la vie bonne

 

Rien ne caractérise davantage l’être humain que sa capacité de dire « je », la conscience qu’il a d’être un individu unique, une personne. C’est dans cette expérience « je » que se trouvent les sources de la santé psychologique.

Une position a priori distingue une vision naturaliste de celle qui ne l’est pas : on présume que la nature est autosuffisante, ce qui exclut l’existence d’une réalité spirituelle autonome. Le vocabulaire étant équivoque[1], utilisons une expérience de pensée pour bien caractériser cette vision : imaginons qu’à la suite d’un cataclysme semblable à celui qui a causé la disparition des dinosaures, l’humanité disparaît complètement[2]. En reste-t-il autre chose que des résidus matériels? Appelons « naturaliste » une vision qui commande la réponse : « non, il n’en reste rien d’autre » (Dieu, la conscience réflexive ou tout autre principe spirituel disparaissant avec l’humanité). Elle se distingue d’une vision qui conduit à une variante de ce qui suit : « oui, […] aura échappé à la destruction ».

Qu’est-ce qu’une vie bonne? L’homme est jusqu'à maintenant le seul être connu dans l'univers à se poser la question. Et il se la pose si on en juge par les millions de sites Internet que sélectionne le moteur de recherche Google lorsqu’on y inscrit « De la vie bonne ».