Un nouveau site

 

Nous avons créé sur le portail Homo Vivens un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un virage dans l’orientation de L’Agora? Aucunement. Nous croyons au contraire que le fait d’ouvrir au public un débat que nous menons amicalement tous deux depuis des années offrira plusieurs avantages aux lecteurs.  

« Il n’y a pas d’antagonisme entre ceux qui n’ont rien en commun… » (saint Thomas) et plus l’antagonisme est profond plus l’unité l’est à son tour. Nous avons justement tous deux les mêmes racines dans le Québec profond, le même intérêt pour la grande culture occidentale. Nous avons eu plusieurs rencontres de quelques jours pendant près de quarante ans. Nous avons aimé et admiré le même lieu. Nous sommes en outre liés par le sang, le plus jeune d’entre nous étant le petit-cousin de l’autre.

Nous sommes pourtant aux antipodes l’un de l’autre sur la question la plus importante, celle de Dieu. C’est pourquoi nous prenons le risque de mettre notre amitié à l’épreuve, sachant toutefois de part et d’autre que non seulement l’épreuve n’est pas l’échec, mais plutôt le meilleur moyen d’éviter l’échec. Le risque est grand, il est à la mesure de l’amitié qui nous lie. Or l’ami doit le respect, et donc la vérité à l’ami.

La distance qui existe entre nous est aussi celle qui divise le Québec, et à l’intérieur du Québec, bien des familles et trois générations. Cela donne un sens supplémentaire à notre émulation. L’un d’entre nous est résolument moderne, l’autre, le plus vieux, est très critique à l’égard de la modernité. Le premier adopte une vision immanente, persuadé que l’hypothèse Dieu est superflue pour expliquer l’origine de l’univers et de la vie, la nature humaine et la moralité; l’autre croit que seule une vision transcendante peut donner un sens à notre monde. 

Puissions-nous par ce dialogue ouvert à tous percer une voie vers une unité qui ne soit pas le consensus mou de deux indifférences. Un dialogue également ouvert aux étrangers. Le monde a lui aussi besoin d’une telle unité.

«Ne pas faire l’un trop vite», disait Platon. Il voulait par ce conseil protéger ses disciples contre cette faiblesse bien humaine consistant à sortir de la contradiction par des voies imaginaires plutôt que d’en assumer le déchirement jusqu’au bout. Il savait que le prix d’une véritable unité est une véritable confrontation.

La vraie confrontation heureusement prend la forme de l’émulation plutôt que celle de la compétition, l’émulation consistant à désirer un même bien sans vouloir se l’approprier, la compétition consistant à vouloir monter seul sur un unique podium.

Nous vous invitons, chers lecteurs et lectrices, à vous joindre à notre belle aventure.