Résumé du chapitre 7 de L’hypothèse Dieu

 

La moralité

Le temps est révolu où l’hypothèse Dieu s’avérait nécessaire pour assurer la moralité. Seuls les États ont maintenant le pouvoir de décider de ce qui est bien ou mal pour la société. Nous affirmons, par conviction, que l’homme est naturellement sociable. En raisonnant nous concluons que cette affirmation est éminemment plausible.

Un préjugé tenace. Le préjugé du méchant incroyant est tenace, mais il ne passe pas l’épreuve des faits. Ce sont les pays les plus athées du monde qui affichent le taux de violence le moins élevé.

Une loi divine très humaine. Les dix commandements reprennent les enseignements des Égyptiens et de Confucius. Seul l’Occident, parmi des milliers de sociétés, a eu besoin de Dieu pour assurer la moralité de ses adeptes. Toutes les cultures enseignent la décence, la générosité, l’honnêteté, la droiture. La notion de péché – transgression de la loi divine – n’ajoute rien.

Le Mal et le péché originel. Deux notions qui ont fait plus de tort que de bien en raison du défaitisme et de la culpabilité qu’elles génèrent. La personnalisation du Mal, l’enfer, les milliers de démons que les théologiens dénombrent encore sur terre font obstacle à une saine moralité.

La moralité en gestation. Le sens moral élevé chez l’humain ne suffit plus à justifier une exception humaine. Elle n’est que le prolongement d’une moralité déjà amorcée dans le règne animal. Les données scientifiques s’accumulent pour le confirmer.

L’évolution de la moralité. Trois approches : dogmatisme, cognitivisme et intuitionnisme. La troisième nous permet d’inférer certaines règles morales intuitives à l’origine de nos jugements moraux. Il y a matière à débat, mais en toute éventualité, on peut se passer de toute supervision divine.

Une moralité naturelle. L’idée d’une moralité naturelle a une longue tradition, qui se confirme aujourd’hui par de nombreuses recherches philosophiques et scientifiques.

Le progrès moral. Aucun consensus n’est possible sur la question du progrès moral. Nous nous limitons à proposer que la thèse du progrès est plausible et trouve un appui principalement dans ce que nous appelons l’élargissement du champ empathique.

À la recherche de l’universalité. Seule une éthique universaliste de la discussion permet de progresser vers des consensus sur ce qui est aujourd’hui moralement acceptable. Elle suppose que l’on renonce à tout dogmatisme basé sur des normes immuables révélées il y a des milliers d’années.

Amorce de dialogue: 

Le jugement de moralité

Auteur(s): 

Qu’est-ce qu’une vie bonne? La société se pose la question. Chaque individu se la pose.
La définition courante de la morale concerne la collectivité : « L’ensemble des règles à respecter pour avoir un comportement qui est jugé bon par la société » (Antidote). On attend de chaque citoyen qu’il respecte un ensemble de normes socioculturelles transmises par l’éducation, certaines faisant l’objet de lois auxquelles on est soumis sous peine de sanctions. La discussion des approches, des principes et des théories morales qui président aux choix de société a été faite dans le chapitre 7 de L’hypothèse Dieu[1]. Abordons ici la question sous l’angle du jugement de moralité que chacun porte sur son propre comportement.