Résumé du chapitre 2 de L’hypothèse Dieu

 

Choix méthodologiques

Deux mots clés : « vérité » et « méthode ».

La vérité en puissance : Notre argumentation repose sur le postulat du réalisme : il est possible d’appréhender la réalité. Le nœud de l’argumentation sera de déterminer la nature de ce réel distinct du sujet pensant et d’établir la validité des représentations que l’on en donne. Nous sommes d’avis que la vérité est le principe régulateur de l’activité de connaissance. Nous sommes convaincus que seules l’observation contrôlée et l’expérimentation – caractéristiques de la science moderne – nous donnent la possibilité de savoir si nous nous approchons ou si nous  nous éloignons de cette vérité. Nous rejetons le scepticisme, l’utilitarisme, le positivisme contemporain et toute forme de relativisme. Après avoir admis que notre prise de position pour l’immanence demande d’aller au-delà du savoir, nous affirmons qu’elle est orientée vers la « vérité en puissance ». Notre principe de simplicité, évoqué dans notre premier chapitre, nous évite d’alourdir notre vision du monde en ayant recours à l’hypothèse Dieu.

Deux méthodes incompatiblesDans le débat qui oppose une vision transcendante et une vision immanente, la divergence est totale sur le plan méthodologique. Alors qu’en science, la vérité est l’horizon régulateur qui se dérobe, en religion, tout a déjà été dit en vérité. Le dialogue exige, de notre point de vue, que nous nous limitions à la « vérité en puissance », renonçant à toute position dogmatique. L’Église catholique se retrouve dans la très délicate posture d’appuyer concrètement quelques versets écrits par des auteurs qui, sans avoir accès à ce que la science nous apporte aujourd’hui, ont tenté d’imaginer l’origine de l’humanité. Il lui appartient de redonner à ces textes une signification compatible avec ce que l’on sait aujourd’hui. Considérer que l’on possède la source de la vérité ne dispense pas d’établir rationnellement la vérité de ce qu’on affirme.

La théologie et la science. Pour se protéger de la science et même de la philosophie, l’Église a développé sa propre discipline, la théologie, qu’on a qualifiée de reine des sciences au Moyen Âge. Les temps ont bien changé, mais l’Église persiste à vouloir contrôler son ancienne servante, la philosophie, exigeant  qu’elle reste subordonnée au Magistère de l’Église. La science fonctionne tout autrement. Elle est plus modeste. Elle sait que ses théories s’approchent du réel sans jamais parfaitement le décrire, que des ajustements sont nécessaires, que la quête du vrai est sans fin. La science atteint son objectif lorsqu’elle rallie la communauté scientifique universelle. La religion n’a aucun souci de cet ordre. La vérité, elle prétend la connaître. Mais les théologiens des confessions distinctes n’arrivent jamais à s’entendre sur cette vérité. La divergence va croissante alors que la vérité aurait été révélée à jamais. Et qui pourrait trancher? Une théorie scientifique contredite par l’expérimentation est rejetée. Une religion dont les dogmes sont ébranlés se braque.

Amorce de dialogue: 

Qu'est-ce que la vérité?

Auteur(s): 

La question de Pilate en présence de Jésus, « Qu’est-ce que la vérité? » (Évangile selon St-Jean, 18, 38), est toujours à l’étude. Toute croyance repose sur une présomption de vérité, mais comment établir cette vérité dans un domaine qui échappe à l’observable?

Répliques: 

Les difficultés de la connaissance immédiate

Auteur(s): 

Peut-on espérer établir la vérité d’un énoncé qui échappe à toute vérification empirique? Certains philosophes se sont découragés en optant pour le relativisme. Jocelyn Giroux en fait une critique en marge du chapitre « Introduction ». D’autres philosophes sont optimistes et se donnent un vocabulaire qui indiquerait la voie à suivre : intuition, saisie immédiate, expérience immédiate, connaissance intuitive, connaissance immédiate. Le philosophe Jacques Dufresne voit dans celle-ci une forme supérieure d’accès à la vérité.