Les exigences d’une quête de vérité

 

L’hypothèse Dieu est une invitation au dialogue. La quête de vérité qui caractérise cet essai ajoute quelques exigences à celles déjà mentionnées en marge de l’article précédent. L’introduction de l’essai est le lieu pour en débattre.

Ceux qui opteraient pour le relativisme de la connaissance, à la suite de certains philosophes de l’ère postmoderne[i], refuseront toute quête de vérité, y voyant une entreprise futile ou vaine. Une discussion sur ce relativisme s’impose.

D’autres interlocuteurs verront une limite dans le réalisme – « Doctrine d’après laquelle l’être est indépendant de la connaissance d’un sujet » (Petit Robert) – que nous adoptons, en accord avec la majorité des croyants. Déjà un correspondant se situe en amont de cette problématique :

« Je ne suis pas adepte du cartésianisme, qui fait de l’évidence claire et distincte le critère de la vérité. On parle alors d’une conception « idéaliste » de la vérité. Or, la tradition chrétienne favorise plutôt la conception du « réalisme ». C’est Thomas d’Aquin qui, dans son traité sur la vérité, définit celle-ci comme « adequatio rei et intellectus », l’adéquation de l’intelligence à la réalité. La vérité dépend de la reconnaissance de la réalité. Or, la réalité peut exister sans un acte humain de reconnaissance. Par ailleurs, ne confondons pas la foi avec la vérité, la foi étant l’espérance qu’une réalité actuellement non-reconnue le soit éventuellement. Les bases de cette espérance sont les témoignages de la tradition chrétienne. » (Jean Laberge)

Cette « réalité actuellement non-reconnue », dont parle notre correspondant peut-elle alimenter une quête de vérité?

Une autre question se pose, aussi bien en amont qu’en aval : s’il s’avère impossible d’établir le fondement rationnel de la foi chrétienne, un plaidoyer pour la transcendance devra-t-il se faire en dehors de toute quête de vérité, comme semble l’indiquer Chantal Delsol : « « [ … ] aujourd’hui, la foi laisse place à la sagesse par la disparition de l’idée de vérité et de l’adhésion à une vérité (ou Vérité). La question : “Comment bien vivre ?” se substitue à présent à la question : “Qu’est-ce qui est vrai ?”[ii] »?

L’argumentation de l’essai concerne en premier lieu les croyants d’allégeance catholique romaine. Elle ne prend pas en considération l’immense variété des religions, ni l’ensemble des positions personnelle des croyants qui se dissocient de plusieurs dogmes de leur Église. Est-ce qu’un élargissement de la problématique changerait quoi que ce soit à la thèse que l’hypothèse Dieu est devenue superflue?

Pour qu’un dialogue entre croyants et non-croyants puisse être compréhensible, il est pertinent de bien se situer sur ces questions.




[i]Engel, P et Rorty, R. (2005), À quoi bon la vérité?, Paris : Grasset.

[ii]C. Delsol, L’âge du renoncement, Paris, Cerf, 2011, p. 13.En attente d'une amorce de dialogue